C’est peu dire que cette vrombissante virée au Japon s’est faite attendre ! Après l’avoir fantasmée pendant des années, on s’est mis à baver à la vue des premières images il y a quelques mois. Maintenant qu’on a retourné tout ce que Forza Horizon 6 avait de contenu à proposer, on peut enfin tout vous dire sur un titre tranquillement incroyable. Notre test.

Savez-vous comment on dit nouveauté en japonais ? Non ? Bon ben, désolé, mais ce n’est pas avec Forza Horizon 6 que vous allez le savoir. Car autant desserrer le frein à main tout de suite : ce sixième épisode est exactement ce qu’on pouvait en attendre… et c’est tout. En soi, c’est déjà incroyable et j’espère que ce qui suit vous en convaincra. Mais j’en ressors tout de même avec une toute petite frustration nourrie par des attentes tout à fait subjectives, mais aussi par quelques promesses pas tout à fait tenues. Car en présentant son jeu, Playground Games insistait sur une nouvelle structure qui nous ferait incarner un ou une touriste venu profiter du Festival en espérant s’y faire une place. Dès lors, il nous faudrait faire nos preuves pour gagner des bracelets colorés jusqu’à en décrocher un doré donnant accès à une zone exclusive du jeu : Legend Island.

8/10

Dans les faits, cela donne bel et bien une campagne avec une double structure : des compétitions classiques avec le Festival Horizon et, en face, le mode Discover Japan composé d’épreuves plus variées où la récompense est un petit tampon sur une carte (qui permettra aussi de débloquer de nouvelles voitures inédites et maisons cachées dans le monde ouvert). Ces deux facettes ont leurs propres tableaux de défis ainsi que des points de progression qui, par paliers, permettent de débloquer du contenu inédit pour continuer d’avancer. Cela clarifie un peu les choses en classant bien proprement les différentes épreuves du jeu en deux grandes catégories, mais ça ne change rien de fondamental à la manière dont on découvre ce nouveau Forza Horizon.

Le jeu concrétise tout ce qu’on pouvait espérer de lui

En fait, derrière ces gentilles intentions, Playground Games retombe immédiatement dans sa routine classique sans se poser plus de question. Une belle illustration de ce constat tient dans la fameuse course introductive du jeu, devenue un grand classique, avec ce ping-pong de lieux et disciplines s’enchaînant durant cinq minutes d’une cavalcade folle chargée de présenter toutes les facettes du jeu et nous en mettre plein les yeux. Mais… Je croyais qu’on était un touriste ? Qu’on était vulgaire spectateur du Festival ? Pourquoi ma première course n’est pas le trajet de l’aéroport à la maison où on séjournera pendant toute cette année ? Le storytelling est contredit dès les premières minutes et s’efface bien vite car on rejoint le Festival au bout d’une petite poignée de courses, sans plus d’ambages (alors qu’on est supposé réaliser le rêve d’une vie).

Ce manque de soutien en termes de mise en scène et de narration est un souci car la sensation de progression dans le jeu est mollassonne. Bien sûr, il y a toujours un nombre remarquable de réglages sur la difficulté des adversaires et l’indulgence ou l’exigence d’un pilotage toujours merveilleusement équilibré. Il y a donc formellement du challenge face à des Drivatars assez peu scrupuleux et aussi respectueux des distances de sécurité qu’un kéké en Audi. Le problème, c’est surtout que les victoires sont assez peu gratifiantes. Comme il n’y a pas de championnat, d’adversaire vraiment reconnaissable et d’enjeu particulier, franchir la ligne d’arrivée en tête n’éveille pas d’enthousiasme particulier.

Et le remède trouvé par Playground Games ne fait qu’exacerber les symptômes. Car pour compenser cette douce mollesse, le jeu est plus que jamais un robinet inépuisable à dopamine, alimenté par une myriade de jauges qui se remplissent, de points qui s’accumulent, d’étoiles qui clignotent, de tours de roue de la fortune… En à peine quelques heures, on est multimillionnaire et à la tête d’un garage qui ferait passer le parking du Camp des Loges pour celui du Lidl de Vierzon. Forza Horizon se veut tellement fun, tellement sans friction, tellement cool et gentil, qu’il en finit par devenir lisse et sirupeux.

Ce qui en dit long, très long sur les qualités de Forza Horizon 6, c’est qu’en dépit de ces regrets et reproches, le jeu reste d’une qualité tout à fait spectaculaire et impressionnante. Je m’en veux presque d’avoir passé autant de temps à le titiller à ce point — qui aime bien, châtie bien, dit l’adage. Mais, en réalité, vous savez déjà que vous allez adorer Forza Horizon 6, car, bien sûr, le jeu concrétise tout ce qu’on pouvait espérer de lui. D’un point de vue technique, c’est une véritable démonstration, une claque époustouflante dont on ne peut se lasser d’admirer le moindre détail, des scintillances des carrosseries jusqu’aux reflets de la plus insignifiante flaque d’eau.

La map, gigantesque, est un régal absolu avec une variété de paysages qui rend chaque course passionnante et mémorable. Des sommets enneigés des Alpes japonaises, aux épaisses forêts de bambous en passant par des rizières étincelantes jusqu’à l’immensité de verre et de béton d’une Tokyo tentaculaire, on peine à garder la bouche fermée devant ce défilé de panoramas.

On parcourt ces paysages avec d’autant plus de plaisir que la conduite est toujours aussi délicieuse, enivrante, délivrant des sensations de pilotage formidables et capables de s’adapter autant aux néophytes en quête de virées chill que de joueurs et joueuses plus exigeants niveau physique et réalisme. Niveau contenu, on peut compter pour l’heure pour une trentaine d’heures de courses (jouables avec les véhicules de son choix, donc autant de configurations différentes) et activités secondaires (les classiques radars, zones de drift, sauts, etc.) avec environ 600 véhicules à découvrir — dont certains planqués dans des garages cachés. Bref, que du déjà vu.

C’est finalement la partie Discover Japan qui apporte un peu de variété avec des courses de rue, du Tōge (courses sinueuses à flanc de montagne où le drift est de rigueur), ses balades touristiques qui se concluent par une épreuve, son mini-jeu de livraison de repas dans Tokyo façon Crazy Taxi ou encore la collaboration avec un magazine pour diverses séances photo. Des parenthèses fort bienvenues, mais guère originales, convenons-en. On ne désespère pas qu’un jour, Playground Games embauche des game designers pour venir secouer un peu tout ça.

Peut-être que certains joueurs et joueuses trouveront toutefois un certain plaisir à customiser la maison Yashiki, une petite propriété isolée dont on peut aménager l’extérieur et le garage via un éditeur bien fichu et très fourni puisque le chantier peut s’étaler sur un gros bout de terrain adjacent où vous pourrez laisser libre cours à vos plus folles envies architecturales avant, bien sûr, d’inviter des camarades pour frimer ou tester vos créations si vous êtes lancé dans la conception de circuit. L’ajout est sympathique et permettra d’étoffer la facette multijoueur du titre toujours aussi solide et fournie, et qui saura évoluer au fil des saisons pour vous tenir encore longtemps sur les routes de ce Japon hors du commun.

On a aimé

On a moins aimé

On peut pester très longtemps contre une série pantouflarde, incapable de changer intrinsèquement pour renouveler son expérience de jeu. Mais au final, Forza Horizon 6 est bel et bien la magnifique claque tant espérée. Comment résister à l’appel de cet incroyable open world et son contenu si généreux et délectable ? Véritable démonstration technologique, ce sixième épisode est aussi une ode à la vitesse, aux sensations fortes et à la course, mais également à la flânerie et à la découverte tranquille de lieux époustouflants. Est-ce qu’on pouvait en attendre plus ? Oh que oui ! Mais, grand paradoxe de cette série : est-ce que cet épisode a tout ce qu’il faut pour nous combler ? Évidemment.

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