Quelque 2 800 délégués, dont six chefs d’États, se sont déplacés au Rwanda pour l'Africa CEO Forum, rendez-vous annuel incontournable du secteur privé du continent. Lors de l'ouverture de ces deux jours de discussions à Kigali sur l'avenir économique, jeudi 14 mai, le président rwandais Paul Kagame est revenu sur l'impact des sanctions américaines liées au conflit à l'est de la République démocratique du Congo.

Publié le : 14/05/2026 - 22:18

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Avec notre correspondante à Kigali, Lucie Mouillaud

Selon le président Paul Kagame, pas question de « capituler » face aux sanctions américaines contre l'armée rwandaise et certains hauts gradés militaires, en dépit de l'impact des mesures de Washington sur le pays.

« Cela fait mal, absolument, et c'est fait pour ça, déplore Paul Kagame. Les sanctions ou autres mesures visent à faire mal à la population. Donc dans un sens, nous avons mal. Mais je pense qu'il serait encore plus douloureux de ne pas faire ce que nous faisons. Il faut faire le calcul et ce n'est pas si difficile de dire non. En fait, cela coûterait plus cher de dire oui à de mauvaises choses. »

Annoncées en mars, les États-Unis avaient justifié ces sanctions par le non-respect de l'accord de paix de Washington, notamment après la prise éphémère de la ville d'Uvira par l'AFC/M23, soutenu par le Rwanda. Mais pour Kigali, les mesures américaines ciblent « injustement une seule partie », a dénoncé une nouvelle fois le chef d'État, jeudi 14 mai :

« Premièrement, est-ce que les sanctions sont justifiées ? Et ce n'est pas que dans le cas du Rwanda, mais dans d'autres aussi. Parfois, les sanctions sont simplement décidées quand l'une des parties offre moins que l'autre. On va dans le sens du plus offrant, et quand quelqu'un sait qu'il va extraire plus de minerais dans certains endroits, il lui est plus favorable, même si ce pays a tort. »

En mars, Kinshasa avait salué les sanctions américaines. Elles forment un signal clair pour « le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RDC », selon le ministère congolais de la Communication.

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