Le ministre britannique de la Santé, Wes Streeting, pressenti comme concurrent de Keir Starmer à la direction du Parti travailliste et à Downing Street, a annoncé jeudi 14 mai 2026 sa démission du gouvernement. Alors que le Premier ministre est sur la sellette depuis des jours, ce départ de l'exécutif fait grandir la menace sur l'avenir de Keir Starmer.
Publié le : 14/05/2026 - 17:32Modifié le : 14/05/2026 - 18:43
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Depuis plusieurs jours, Keir Starmer lutte pour sa survie politique, après des élections locales aux résultats désastreux pour le Labour, lesquelles ont fait suivre à de nombreuses polémiques qui l'avaient déjà fragilisé. Le départ de Wes Streeting du gouvernement, ce 14 mai, ébranle un peu plus le Premier ministre du Royaume-Uni.
Dans sa lettre de démission au ton très critique adressée à Keir Starmer, le désormais ex-ministre de la Santé, qui représente l'aile droite du parti travailliste, dit avoir « perdu confiance dans son leadership ». « Il est désormais clair que vous ne mènerez pas le Labour aux prochaines élections législatives », prévues en 2029, et « là où nous avons besoin de vision, il y a un vide », a-t-il écrit.
Wes Streeting plaide en faveur d'un « débat qui doit être large » et dit souhaiter « s'appuyer sur le meilleur éventail possible de candidats » pour assurer l'avenir du parti au pouvoir, réclamant un « débat d'idées ». S'il ne cache pas son ambition, il n'a cependant pas acté son intention de briguer la direction du Labour, et d'ainsi tenter de détrôner lui-même Keir Starmer.
Keir Starmer dit « regretter » la décision de son ministre. L’opposition, elle, dénonce un nouvel épisode de la « guerre civile » au sein du Labour, qui dure depuis une semaine, rapporte notre correspondante à Londres, Émeline Vin.
La pression sur le dirigeant travailliste, en poste à Downing Street depuis juillet 2024, est montée d'un cran en début de semaine lorsque quatre secrétaires d'État ont démissionné, et que 86 députés de son parti – sur un total de 403 – l'ont appelé à la démission.
Une autre figure travailliste pouvant affronter Keir Starmer est revenue dans le jeu, jeudi 14 mai : Angela Rayner, ancienne numéro 2 de Keir Starmer. Populaire à la gauche du parti, elle a annoncé avoir été « blanchie de tout acte répréhensible » dans une affaire fiscale qui avait mené à sa démission en septembre 2025.
L'ex-vice-Première ministre de 46 ans avait admis avoir sous-payé un impôt en achetant son logement, et été reconnue coupable d'avoir enfreint le code ministériel. L'administration fiscale britannique l'a toutefois « exonérée de l'accusation » selon laquelle elle aurait « délibérément cherché à (se) soustraire à l'impôt », a-t-elle déclaré jeudi sur X.
Interrogée sur une potentielle candidature, Angela Rayner a écarté la possibilité d'ouvrir elle-même les hostilités : « J'ai été claire sur le fait que je n'allais pas défier le Premier ministre », a-t-elle déclaré au journal The Guardian. Elle a toutefois affirmé que Starmer devait « réfléchir » à l'éventualité de se retirer.
Angela Rayner a aussi fait part de sa volonté de « jouer (son) rôle », laissant entendre qu'elle pourrait rejoindre la course si un autre responsable travailliste se lançait. « Ce que nous faisons ne fonctionne pas, et il faut que cela change », avait-elle concédé après l'échec cuisant du Labour aux élections locales.
Selon les règles du parti, tout candidat devrait obtenir le soutien de 81 députés travaillistes – soit 20% des effectifs du Labour au Parlement – pour déclencher une élection interne. Si Wes Streeting est apprécié à la droite du Labour, il est mal vu par les députés de l'aile gauche, qui soutiennent Angela Rayner ou le maire du Grand Manchester, Andy Burnham.
Il existe toutefois un obstacle de taille pour Andy Burnham : l'édile de 56 ans, personnalité politique la plus populaire au sein du Labour, doit d'abord être élu député à Westminster lors d'une législative partielle, avant d'être autorisé à prendre part à un vote pour élire le nouveau chef du Labour.
Avec son initiative, Wes Streeting pourrait se rallier derrière Andy Burnham, qui pourrait permettre au Labour de regagner ses bastions du Nord.
Le nom d'Al Carns, ancien officier de la marine et député de Birmingham âgé de 46 ans, revient aussi dans la presse. Selon le Times, il serait prêt à se lancer dans la course « si quelqu'un donne le coup d'envoi ».
Keir Starmer a de nouveau affiché, mercredi 13 mai, sa détermination à rester à Downing Street lors du débat qui a suivi le traditionnel discours du roi Charles III à la chambre des Communes. Il a longuement échangé en fin de journée avec des ministres et députés de son camp au Parlement, tandis que des membres de son gouvernement ont exhorté certains de leurs collègues travaillistes à ne pas plonger le parti dans le chaos.
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In a shocking political development, British Health Secretary Wes Streeting announced his resignation from the government on May 14, 2026. Streeting, who has been widely viewed as a potential successor and rival to Prime Minister Keir Starmer for the leadership of the Labour Party, steps away from the executive branch at a highly precarious moment. His departure significantly compounds the mounting political pressure facing Starmer, who has been under intense public and internal scrutiny for several days. This sudden vacancy in a critical cabinet role threatens to destabilize the government and fundamentally alters the trajectory of the ruling party.
Streeting's resignation is not merely a standard cabinet reshuffle, but rather a calculated political maneuver that signals a likely leadership challenge on the horizon. By stepping down while Starmer is already facing intense political headwinds, Streeting positions himself as a decisive alternative rather than a compromised loyalist. The immediate losers in this scenario are Prime Minister Starmer and his inner circle, who must now navigate a sudden, highly public fracture within their ranks while managing the complex challenges of the healthcare portfolio. Conversely, opposition parties will undoubtedly exploit this visible disunity, making Streeting a temporary tactical beneficiary of the ensuing chaos. The greatest risk moving forward is a cascading exodus of other senior officials. Observers should closely watch whether Streeting officially launches a formal leadership bid and how the broader Labour parliamentary party reacts to this escalating threat to Starmer's premiership.