Un juge d'instruction parisien va enquêter après une plainte contre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman concernant la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Assassiné en 2018 au consulat saoudien à Istanbul, en Turquie, il était connu pour ses prises de position contre le pouvoir saoudien.
Publié le : 16/05/2026 - 11:22Modifié le : 16/05/2026 - 14:56
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« Un juge d'instruction du pôle crimes contre l'humanité va désormais instruire la plainte (des associations) Trial International et de Reporters sans frontières », pour tortures et disparitions forcées, a confirmé à l’AFP le parquet national antiterroriste (PNAT).
L'ouverture de cette enquête intervient après une plainte des associations Trial international, qui « lutte contre l'impunité des crimes internationaux », et Democracy for the Arab World Now (Down), l'organisation qui employait Jamal Khashoggi. Elles avaient saisi la justice en juillet 2022, à l'occasion d'un passage en France de Mohammed ben Salman, prince héritier d’Arabie saoudite et Premier ministre, et avaient ensuite été rejointes par une plainte de Reporters sans Frontières (RSF).
Après plusieurs années de procédures, durant lesquelles le parquet s'est opposé à l'ouverture d'une enquête en France, considérant que les associations n'étaient pas recevables, la Cour d'appel a fini par accéder à la demande de Trial international et RSF, dans une décision rendue lundi 11 mai et dont l'AFP a eu connaissance. Le PNAT de son côté a dit « prendre acte de cette décision, qui n'invalide pas pour autant (son) interprétation » des textes sur la recevabilité des associations à porter plainte pour ce type de crimes.
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Jamal Khashoggi a été assassiné le 2 octobre 2018 dans l’enceinte de l’ambassade saoudienne, à Istanbul. Son corps n’avait pas été retrouvé. Selon les enquêtes, après avoir été torturé, le journaliste avait été démembré. L'Arabie saoudite avait été vivement critiquée après l'assassinat de ce dissident. Les services secrets américains avaient alors pointé la responsabilité directe du prince héritier qui, à l’époque avait été mise à l'époque au ban de la scène internationale.
« Le crime dont a été victime Jamal Khashoggi est un crime abominable décidé et planifié au plus haut niveau de l'État saoudien qui a fait exécuter un journaliste qui était une voix dissidente et indépendante », a réagi l'avocat de RSF, Maître Emmanuel Daoud.
« Il ne devrait plus y avoir d'obstacle à l'ouverture d'une information judiciaire portant sur le crime atroce de Jamal Khashoggi », a de son côté salué l'avocat de Trial international, Maître Henri Thulliez.
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