Fini de jouer dans la cour des petits ? Le BYD Atto 3 électrique change de braquet avec sa mise à jour Evo. Rien d’extraordinaire à première vue, mais sous ce design qui reste d’une sobriété déconcertante, la marque chinoise y a injecté une bonne dose de puissance et de technologie, alors que le prix n’a pas changé. Est-ce suffisant pour aller bousculer les stars du segment des SUV compacts ? Voici notre essai.
Quand BYD a sa propre théorie de l’évolution. Arrivé discrètement en France fin 2022, le constructeur automobile chinois a dépassé avec aisance les 10 000 immatriculations l’année dernière, porté par une gamme qui s’étoffe à vue d’œil. Et en à peine trois ans sur le marché français, il est déjà temps de renouveler le catalogue et les quelques premiers modèles qui ont gonflé les bons de commandes.
On en vient donc à l’Atto 3, un SUV compact électrique qui se vend chez nous depuis 4 ans, en jouant des coudes avec les MG S5, Renault Scénic, Skoda Elroq ou encore Peugeot e-3008.
Ne vous fiez pas aux apparences. L’Atto 3 nous revient dans une version Evo, forte de deux finitions Design et Excellence, qui n’a de timide que sa carrosserie. Si la concurrence européenne préfère se démarquer sur un design très travaillé, voire torturé, BYD, lui, va plutôt proposer une robe familière, mais, en cachant une évolution technique radicale. Un choix audacieux ou vrai excès de modestie ? En route.
Pour ne rien vous cacher, on va passer très rapidement sur le design. Car si vous ne connaissiez pas l’ancienne version, vous ne ratez strictement rien.
Le BYD Atto 3 Evo conserve son gabarit (classique de segment C), soit ses 4,45 mètres de longueur, son 1,87 mètre de largueur et son 1,61 mètre de hauteur. N’oublions pas son empattement de 2,72 mètres. C’est le bouclier avant qui va changer, ainsi qu’une petite partie arrière avec l’intégration d’un double feu stop au niveau du becquet.
Les pare-chocs et les feux ont été également redessinés pour être un tantinet plus modernes mais ce n’est pas ce qui saute aux yeux non plus. Allez, on accorde un point à une signature lumineuse plus punchy grâce aux nouveaux blocs optiques.
Dans son ensemble, la silhouette de l’Atto 3 Evo adopte des lignes consensuelles, et le style reste franchement sobre, ce qui ne choquera personne, et donc, peut plaire au plus grand nombre me direz-vous. Et on a davantage envie de voir ce qu’il se trame à l’intérieur ou sous le capot.
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Si le constructeur chinois n’a pas cherché à réinventer le style de l’Atto, la version Evo cache à bord une petite révolution. L’ambiance y est épurée, un peu austère, certes, mais moderne, dotée de matériaux de qualité. La finition demeure assez flatteuse, tout est souple et moussé là où il faut. Tout est fonctionnel.
Les cordes de guitare tendues (qui résonnent dès qu’on prend sa bouteille d’eau) dans les bacs de portières prêtent à sourire, et, on aime ou on aime pas, les gros aérateurs ronds en forme d’haltères. Ils ont le mérite d’avoir été dessinés de la sorte.
On note aussi le tableau de bord travaillé en forme de vague et les poignées de porte en forme de coquillage pour la note stylistique. En terme de look, la finition Excellence se différencie grâce à son toit panoramique que la finition Design n’a pas de série.
L’habitabilité reste l’un des points forts du modèle, très aéré, offrant un confort royal aux passagers. La position de conduite est hyper confortable, les sièges enveloppants sont chauffés et ventilés (pour les deux finitions).
L’espace aux jambes à l’arrière est généreux (sièges arrière chauffants de série seulement sur la finition Excellence). La place a été libérée car la commande de transmission a été déplacée vers la colonne de direction.
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N’oublions pas le coffre, l’atout pratique numéro 1 du véhicule avec son volume de 490 litres en configuration standard. Il peut atteindre jusqu’à 1 360 litres une fois la banquette arrière rabattue. Autre point fort, le frunk de 95 litres supplémentaires à l’avant où il est possible de caler une valise cabine et un autre petit sac.
Une fois bien installé, intéressons-nous à la dotation technologique, ici très poussée. C’est un peu ce que revendique la nouvelle Atto 3 Evo, qui a opté pour peu de boutons physiques et un volant ergonomique comme toutes les voitures modernes. Mais c’est surtout l’immense écran central, qui devient un véritable centre de commandement ultra-réactif.
Il mesure 15,6 pouces et s’aide, bardé de micros et de capteurs, pour la première fois des services de Google (Android Automotive, comme chez Renault) comme l’assistant Google (en plus de l’assistant vocal de BYD), Google Maps ou encore le Play Store. C’est appréciable. BYD a inauguré ce partenariat avec l’Atto 3 Evo. Et la commande vocale ne se déclenche pas n’importe quand, comme dans les autres modèles.
Le SUV compact électrique est également équipé d’un combiné d’instrumentation de 8,8 pouces dont la principale fonction est d’afficher les informations de conduite au conducteur. Bien faite, l’interface demeure assez complète et rapide, d’autant qu’il y a des raccourcis comme sur un smartphone et une définition d’image fluide et correcte.
Ceux qui aiment les gadgets seront servis, avec toute les fonctions à disposition. On a aimé aussi la recharge du téléphone par induction de 50W avec refroidissement.
En clair, la dotation extérieur / intérieur et connectivité/ infodivertissement est assez bluffante, même pour l’entrée de gamme Design, qui ne dispose pas du toit panoramique et des sièges chauffants arrière par rapport à l’Excellence, c’est tout.
La conduite, c’est un peu le clou du spectacle. Sous le capot, les deux finitions bénéficient toutes deux de nouveaux éléments mécaniques, reposant ainsi sur la dernière génération de l’e-Platform 3.0. Le SUV compact embarque cette fois-ci des batteries de 74,8 kWh et lâche la traction avant au profit d’une architecture en propulsion ou transmission intégrale.
Alors que la finition Excellence (haut de gamme) adopte le 4 roues motrices, avec deux moteurs (un à l’avant, un à l’arrière) pour un total de 449 ch et 560 Nm de couple (un potentiel 0 à 100 km/h en 3,9 secondes), nous avons plutôt eu envie de tester la finition d’entrée de gamme Design, en version propulsion.
Celle-ci est équipée d’un moteur électrique arrière de 313 ch et 380 Nm de couple, qui revendique de 0 à 100 km/h en 5,5 secondes et une vitesse maximale de 180 km/h.
C’est ici que l’Evo justifie son patronyme. L’entrée de gamme est déjà impressionnante en termes de puissance. Notre SUV offre une accélération instantanée et franche, capable de laisser sur place bien des sportives au feu rouge, même s’il faut dire que la pédale d’accélérateur semble parfois peu réactive. Idéale aussi pour les dépassements.
On passe d’un SUV tranquille à une petite bombe. Toutefois, son comportement reste calme et pépère, il nous invite vraiment à conduire paisiblement.
Très confortable, les nouvelles suspensions améliorent la tenue de route et le constructeur BYD a jugé bon de ne pas sacrifier le confort en gardant un amortissement souple, filtrant les irrégularités de la route correctement, même si le train avant doit parfois se battre pour canaliser toute cette cavalerie.
On sent le dynamisme, l’Atto 3 Evo gagne en grip et en équilibre, pour enchaîner facilement et rapidement les virages. Notons aussi qu’il y a un petit peu de consistance au niveau de la direction, assistée juste comme il faut, ce qui rend les tours de roues assez plaisants. Pour chaque manoeuvre, on apprécie les caméras à 360 degrés et la boîte de vitesses à droite du volant. Simple et pratique.
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Du côté de l’insonorisation, ce n’est pas complètement réussi, nous entendons les bruits de la route et les bruits d’air, mais ce n’est pas non plus la cata. Si on a enclenché les sièges ventilés, là ça devient un peu bruyant dans l’habitacle.
Petit bémol pour la pédale de frein, trop spongieuse au pied, le ralentissement du véhicule nécessite d’appuyer fort, mais c’est là où ça devient un peu violent. On a du mal à maitriser tout ça.
L’Atto 3 Evo propose deux variations d’autonomie selon la finition. L’haut de gamme, l’Excellence dispose de 470 km en cycle combiné et 630 km en ville. Notre modèle d’essai, la Design, annonce 510 km en cycle combiné et 710 km en ville.
Sur un parcours mixte de quelques heures, nous avons relevé une consommation de moins de 14 kWh/100 kilomètres sur le réseau secondaire, et jusqu’à 17 kWh avec un petit peu d’accélérations. Mais soyons honnête, nous avons peu roulé sur des portions à 130 km/h. Ceci dit, l’autonomie vaut celle de ses petits camarades sur son segment et reste donc correcte.
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Pour ce qui est de la recharge, le vrai atout reste l’ultra-rapide grâce à son architecture 800 volts. L’Atto 3 Evo va alors accepter jusqu’à 220 kW de puissance de charge maximale en courant continu, ce qui permet d’alimenter son auto de 10 à 80% en seulement 25 minutes.
Mais ce qui est incompréhensible, c’est que le nouveau SUV ne dispose pas du fameux système « flash Charging » comme son compatriote en Chine, le Yuan Plus (Atto 3 Evo chinois), pour permettre de passer de 10 à 70% de charge batterie en seulement 5 minutes.
Dommage, la France ne devrait pas découvrir ce système novateur avant la fin de l’année prochaine. Alors que la Denza Z9GT utilise déjà cette technologie.
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Si l’on regarde le prix facial, il n’est franchement pas un atout pour une chinoise électrique : notre finition d’entrée de gamme Design démarre à 38 990 euros, alors que l’Excellence coûte 42 490 euros.
Si l’on compare notre modèle au Leapmotor B10 ou au MG S5, c’est environ 10 000 euros plus cher et si l’on place l’Atto 3 Evo face au Skoda Elroq ou Peugeot e-3008, on reste aussi environ 6 000 euros plus cher.
Cependant, si l’on regarde le rapport prix / qualité / équipement / prestation, l’Atto 3 Evo est gagnant dans la catégorie des SUV compacts grâce à la finition Excellence en transmission intégrale et sa puissance. Il n’a aucune concurrence. Ce qui peut lui faire défaut en revanche, c’est qu’il est privé de bonus écologique alors que tous ses petits copains européens (ou fabriqués en Europe) peuvent en bénéficier.
Impossible pour finir de ne pas citer le Tesla Model Y, produit à Berlin et disponible à partir de 40 990 euros (hors bonus), qui pourrait finalement être l’un des plus grand concurrents à ce BYD Atto 3.
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