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Pour certains constructeurs, la démocratisation d'internet sur consoles de salon s'est faite dans la douleur. Certes, Microsoft est sans doute le premier à avoir correctement sauté le pas avec sa Xbox, mais n'oublions pas les tentatives d'autres firmes avant lui : il y a bien évidemment eu Sega avec sa Dreamcast, mais aussi Sony… avec sa PS1.

Quand la PS2 sort en 2000, Sony roule allègrement sur le marché du jeu vidéo. Inutile de revenir sur le phénomène mondial que représentait la machine et, à ce titre, toutes les raisons étaient données pour que l'entreprise abandonne sa PS1. Que nenni : la PSOne s'est proposée, devenant une alternative à la PS2 pour beaucoup et continuant de se vendre tranquillement. Un second souffle qui a aussi servi de terrain d'expérimentation puisqu'en 2000, Sony connectait officiellement sa machine 32-bits au Web mondial. Une tentative avant-gardiste uniquement réservée au Japon, qui s'est finalement soldée par un échec cuisant.

Le projet reposait sur un accessoire atypique et encombrant, finalement très typique des objets étranges d'alors : un câble de connexion ultra-spécifique, le SCPH-10180 i-mode, permettant de relier la PSOne à un téléphone portable de l'époque. Exclusivement pensée pour le marché nippon, cette initiative exploitait l'immense popularité des réseaux mobiles locaux, et plus précisément le i-mode de l'opérateur NTT DoCoMo. Parce que oui, en 2000, les Japonais ont déjà internet sur leur téléphone, et c'est normal.

Bref, cet accessoire était fourni avec un disque dédié, et permettait aux joueurs de naviguer sur Internet, de consulter leurs mails et même de télécharger de petits contenus additionnels, directement depuis sa PS1 et la TV qui y était raccordée. Attention donc : on ne parle pas de pouvoir jouer à des jeux vidéo PlayStation en ligne, ou même de télécharger des jeux sur sa console, mais plutôt de se servir de la machine comme d'une sorte de micro-ordinateur, et d'installer du contenu sur son téléphone via une nouvelle interface. On peut par exemple noter le tout premier jeu compatible, I-Mode Mo Ishou: Doko Demo Issyo , sorti le 29 avril 2000 : c'était un jeu sur téléphone, mais que l'on pouvait continuer sur sa PlayStation en insérant le CD-ROM dédié, avec la possibilité de récupérer ses données.

Sauf que bon, les utilisateurs se sont rapidement heurtés aux limitations technologiques de l'époque. La vitesse de connexion des réseaux mobiles de l'an 2000, pas des plus rapides, venait mettre des bâtons dans les roues d'à peu près tout. Chaque affichage de page web prenait des plombes et à cela s'ajoutait une ergonomie désastreuse : saisir des adresses URL ou rédiger des e-mails à l'aide de la simple croix directionnelle de la manette, c'était visiblement une corvée. Et puis, les coûts de connexion à la minute pratiqués par les opérateurs téléphoniques étaient des gouffres financiers, tandis que la technologie internet avançait à vitesse grand V en parallèle. Malgré le développement du service, celui-ci s'est retrouvé naturellement dépassé, et n'est jamais sorti du Japon où il est mort tout seul, dans son coin.

Il n'aura pas fallu attendre bien longtemps pour que Sony persévère de nouveau : en 2001, le géant japonais sortait déjà son adaptateur internet pour la PS2, avant de le déployer en 2002 en Amérique du Nord puis en 2003 en Europe, avec un succès bien plus important. Ce n'est toutefois qu'en 2006, une fois débarrassé de tout module complémentaire, que PlayStation percera véritablement avec un PSN toujours debout aujourd'hui.

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