Soutenez Gamekult et découvrez tous nos contenus sans publicité

Menu

Recherche

Abonnés

L'actualité

Mémoire cash

En avril 2001, Capcom balançait Project Justice sur une Dreamcast déjà en train de préparer son testament (sa fin de production étant datée au 31 mars 2001). Suite d’un Rival Schools qui avait déjà retourné les salles d’arcade, ce titre représentait l’acmé d’une baston 3D décomplexée, colorée et d'une générosité ahurissante. Vingt-cinq ans plus tard, on regarde le catalogue de l'éditeur d'Osaka avec une pointe d'amertume, en se demandant quand ils décideront enfin nous offrir un vrai troisième épisode.

La grosse différence entre Project Justice et son illustre prédécesseur, c'était son système d'équipe à trois. Là où son grand frère se contentait de duos, cet épisode démultipliait les possibilités grâce à des "Triple Team-Ups". Pour qui a posé les mains sur Project Justice, impossible d'oublier ces moments de grâce où l'on appelait ses deux coéquipiers pour soigner ses blessures en plein match, faire une séance de révision express pour booster sa barre de furie ou simplement infliger une correction collective d'une violence très "shonen-esque" à ses adversaires. C’était l’essence même de la coolitude japonaise de Capcom, un mélange parfait de sérieux martial et de grand n’importe quoi scolaire.

Le roster, d'une variété insolente, évitait tous les pièges du copier-coller habituel du jeu de baston, pour plutôt aller se vautrer dans les stéréotypes du manga Nekketsu. Entre Batsu le héros sanguin, Shoma le joueur de baseball qui utilisait sa batte comme une arme de destruction massive, ou encore Hyo, le grand méchant aux faux airs de dictateur de cour de récré, chaque personnage avait une personnalité folle. Capcom a réussi l'exploit de créer un univers cohérent, à la fois bourré d'humour et d'une violence crue, où des profs de gym pouvaient affronter des nageurs olympiques ou des violonistes sans que ça ne choque personne.

Techniquement, la carte NAOMI crachait ses tripes pour offrir une 3D propre, fluide et surtout incroyablement dynamique pour l'époque. Les Air Bursts (ces combos aériens qui nous faisaient décoller jusqu'au plafond) avaient une pêche que peu de titres ont réussi à répliquer depuis (mis à part les Marvel vs Capcom). Le jeu était accessible, certes, mais il n'oubliait pas les techniciens avec ses Tardy Counters qui demandaient un timing de métronome. C’était le jeu de baston idéal, celui qu’on sortait en soirée pour rigoler entre potes, mais sur lequel on finissait par s'insulter copieusement parce que le voisin avait réussi une parade parfaite à la dernière seconde.

On a bien cru à un retour de flamme, une lueur d'espoir qui nous a tous fait vibrer en 2021. Quand Akira Kazama, l'un des personnages clés de la franchise Rival Schools, a pointé le bout de son nez dans le roster de Street Fighter V, on a hurlé au génie. On y a vu le teaser ultime, le cheval de Troie qui préparait le terrain pour un grand retour de la licence. On s'est imaginé que Capcom testait l'appétence du public avant de lancer la production d'un Rival Schools 3. Quelle erreur. Ce ne fut qu'un faux espoir cruel, une simple apparition de luxe pour flatter la nostalgie des vieux briscards sans jamais donner suite à l'invitation. Akira est retournée au vestiaire, et nous, on est restés comme des crétins sur le bord du terrain.

Alors oui, l'éditeur a fini par nous lâcher un petit morceau de sucre pour calmer nos nerfs. La version arcade de Project Justice a fait son grand retour en 2025 au sein de la Capcom Fighting Collection 2. Et c'est évidemment génial de pouvoir enfin y rejouer dans de bonnes conditions, sans avoir à vendre un rein pour s'offrir l'original sur Dreamcast ou à bricoler des émulateurs capricieux. C'est un bel objet de conservation, un rappel historique nécessaire, mais ça reste un pansement sur une fracture ouverte. On ne veut pas seulement préserver le passé, on veut voir ce que cette équipe de lycéens déjantés pourrait faire avec un moteur de jeu contemporain.

Alors, messieurs d'Osaka, la récré a assez duré. La collection de 2025 a prouvé que la hype est toujours là et que le gameplay n'a pas pris une ride. Il est temps de ranger les portages et de nous sortir un vrai nouvel épisode. On veut nos uniformes, nos cartables de combat et la possibilité de balancer un Homerun dans la tronche de ce proviseur sadique.

Les jeux en rapport

Ça vous a intéressé ? En voilà encore !

Cette fonctionnalité est reservée aux abonnés.

Vous ne voulez pas de publicité ? D’accord, mais...

On ne va pas se mentir, vous ne lisez Gamekult gratuitement que parce que la publicité paye nos salaires à votre place. Et c'est OK, on aime bien l'argent.

Mais si vous souhaitez nous financer autrement et couper la totalité des pubs, soutenez la rédac’ via un abonnement (dès 2,5 euros par mois).

Si vous souhaitez laisser la publicité payer à votre place, laissez donc la publicité payer à votre place.

Je préfère afficher de la publicité, revenir au site

Extracted and lightly reformatted for readability. · Source: fr