Avec l’iPhone Duo, Apple intègre pour la toute première fois l’un de ses SoC au sein d’un format pliant. Ce n’est jamais une partie de plaisir pour les puces qui perdent généralement en efficacité dans ce format. Nous avons soumis l’A20 Pro à notre banc d’essai pour vérifier si son architecture thermique tient ses promesses.
Historiquement, les appareils ultrafins ou à charnière paient un lourd tribut thermique : l’étroitesse interne restreint la dissipation, ce qui force le processeur à réduire drastiquement sa fréquence sous forte charge.
Apple a fait le choix de ne pas sous-cadencer son entrée sur ce segment en intégrant la même puce Apple A20 Pro que celle embarquée dans ses fleurons conventionnels, les iPhone 18 Pro et iPhone 18 Pro Max. Contrairement à l’iPhone Air de l’an dernier, pas de coeur GPU en moins ici, on a exactement le même bagage que les Pro.
Pour soutenir cet ensemble, Apple a déployé un système thermique spécifique reposant notamment sur un conduit flexible en graphite directement dans sa charnière. Reste à déterminer comment ce premier pliant gère l’allocation de ressources face aux mastodontes du marché et si les contraintes physiques du double châssis n’entraînent pas de throttling prématuré lors de sessions prolongées.
Pour aller plus loin L’écran de l’iPhone Duo est-il lisible en plein soleil ? Nos mesures
Pas besoin de tergiverser, l’iPhone Duo est très puissant et ne souffre pas vraiment de son format. Sur Geekbench 7, il compile 3 950 points en monocœur et grimpe à 11 056 points en multicœur.
C’est une solide montée en puissance face à la génération précédente. L’iPhone 17 Pro Max et son A19 Pro sont nettement distancés. Le gain atteint 17,5 % sur un seul cœur et 18,6 % en multithreading. L’écart devient encore plus violent sur la partie graphique avec Geekbench 7 Metal : avec 62 946 points, le Duo surclasse les 43 656 points du 17 Pro Max de plus de 44 %.
Ce bond en avant permet surtout à Apple de dominer la concurrence Android sur le calcul brut. Équipé du Snapdragon 8 Elite Gen 5, le Samsung Galaxy S26 Ultra se fait distancer de 27,8 % en calcul unitaire et peine à rivaliser en multicœur. Sur la partie graphique, le gouffre est abyssal.
Le fleuron de Samsung plafonne à 23 848 points, laissant l’iPhone Duo s’envoler avec un score supérieur de plus de 163 %. La sentence est identique pour les autres puces concurrentes. Le Dimensity 9600 Pro de l’Oppo Find X10 Pro Max et le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 (que nous avons évalué sur un smartphone sous embargo) restent cantonnés sous la barre des 2 700 points en monocœur et peinent à dépasser les 27 500 points en accélération graphique.
Pour Apple, c’est l’avantage de maîtriser toute la chaîne, du GPU à l’API, en passant par les compilateurs de shaders et le système, là où les concurrents doivent faire avec une API commune.
En réalité, le pliant d’Apple ne cède du terrain que dans sa famille. Plus épais, les iPhone 18 Pro et iPhone 18 Pro Max conservent une longueur d’avance grâce à une allocation énergétique plus agressive.
Sur les épreuves 3D pures, la hiérarchie se resserre nettement. Dans 3DMark Wild Life Extreme, l’iPhone Duo arrache un score de 8 043 points pour une moyenne de 48,2 images par seconde.
Avec ça, il devance les meilleurs et mêmes ceux qui embarquent des SoC de dernière génération aussi en 2 nm comme l’Oppo Find X10 Pro Max (7 785 points à 46,6 fps) et son MediaTek Dimensity 9600 Pro. Côté Qualcomm, il reste un peu en retrait, mais il colle aux basques du Snapdragon 8 Elite Gen 6 Extreme (8 046 points à 48,2 fps).
Plus amusant, il grille la politesse à l’iPhone 18 Pro classique (7 952 points à 47,6 fps) et seul le modèle Pro Max conserve la tête du peloton.
Cependant, le bench plus généraliste d’AnTuTu 11 tempère ces résultats. Ici, le Duo accuse le coup face aux cadors sous Android qui s’envolent au-delà des 3,4 voire 4 millions de points, et reste en retrait des iPhone 18 Pro. On retiendra surtout qu’il est donc excellent sur sa partie graphique.
Les benchmarks, c’est bien, mais il faut aussi parler de la gestion thermique. Sur la durée, comment se comporte l’A20 Pro dans une coque de 5,2 mm ?
Pour gérer sa température, Apple utilise une chambre à vapeur, mais a tweaké son système. Le Duo profite aussi d’un conduit en graphite flexible traverse la charnière et fait circuler la chaleur d’une moitié du Duo vers l’autre, augmentant la surface de dissipation quand l’appareil est replié. Grâce à cela, la chambre à vapeur étale la chaleur pour limiter les zones chaudes et soutenir les performances.
Apple annonce jusqu’à 35% de performances soutenues supplémentaires par rapport à l’iPhone 17 Pro, notamment pour le jeu, les charges graphiques et l’IA locale.
Soumis au stress test intensif de 20 boucles consécutives sous 3DMark Wild Life Extreme, l’iPhone Duo conserve une stabilité mesurée à 97,3 %.
L’iPhone Duo évite donc le décrochage brutal de fréquence observé sur les formats ultrafins qui n’ont pas de dissipation adéquate. Le travail des ingénieurs d’Apple porte ici ses fruits.
D’ailleurs, j’ai pu le constater en jeu. Sur Genshin Impact, je peux activer le 120 fps et pousser tous les graphismes à fond sans rencontrer de saccades, et ce sur les deux écrans. Idem sur le tout récent No Man’s Sky qui vient de sortir. Tout en Ultra, on tient le 60 fps sur la durée. Une vraie expérience console dans la poche.
Et au quotidien, l’expérience logicielle est fluide. On peut malmener l’appareil, le multitâche en Split View sur la dalle interne de 7,6 pouces s’exécute sans délai. Même constat pour l’animation d’ouverture qui reste parfaitement fluide.
Deux points m’exaspèrent cependant. Le premier c’est la latence de TouchID qui m’horripile au plus haut point. Une raison pour moi de retourner à un iPhone classique. Le second concerne le temps de bascule un peu trop lent lors du passage de l’orientation portrait à paysage. Face à un iPhone 17 Pro, je mesure près d’une seconde d’écart.
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L’analyse thermique de l’iPhone Duo corrobore son excellente diffusion. Lors de fortes charges, la chaleur se diffuse sur l’une des moitiés de l’appareil. Le pic thermique en surface ne dépasse pas 28,5 °C sur la face avant (avec un point moyen mesuré à 22,7 °C). Sur la face arrière, le relevé pointe à un maximum de 27,2 °C (pour 20,0 °C au centre). L’appareil ne présente aucun foyer brûlant en main.
Seul bémol, quand on charge l’iPhone Duo en MagSafe, il a tendance à chauffer plus que d’habitude. Pas de quoi se brûler les doigts, mais ça se sent.
La puce A20 Pro gravée en 2 nm confère à l’iPhone Duo une excellente réserve de puissance. Il domine largement l’iPhone 17 Pro Max et les puces Snapdragon 8 Elite Gen 5. Même le nouveau Dimensity 9600 Pro est battu sur la partie graphique. Seuls les iPhone 18 Pro font mieux en pointe grâce à leur châssis plus épais.
Contrairement à l’iPhone Air, on a ici un smartphone au format original qui assure des performances très approchantes d’un smartphone classique. Pour un galop d’essai sur le format pliant, c’est un très bon résultat.
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