Dans une publication LinkedIn, le 17 mai 2026, l’éditeur d’outils de monitoring et de visualisation de données Grafana Labs a révélé que son environnement GitHub a été compromis par un acteur non identifié, qui a réussi à mettre la main sur un token permettant d’accéder à l’ensemble de ses dépôts de code.

Que faire ? Et surtout, qu’est-ce qui se joue réellement ?

C’est sans doute la question que se sont posées les équipes de Grafana Labs, entreprise américaine notamment connue pour Grafana, un outil open source permettant de créer des tableaux de bord pour superviser des infrastructures informatiques.

Selon les détails fournis par l’entreprise le 17 mai 2026, un acteur non identifié a réussi à obtenir un token donnant accès à l’environnement GitHub de Grafana Labs, avant d’exfiltrer l’intégralité de la base de code. Aucune information n’a été donnée sur la date de l’intrusion ni sur l’identité des attaquants, mais la tentative d’extorsion suit le schéma classique : vol du butin et menace de publication si la rançon n’est pas versée.

Sur LinkedIn, Grafana a répondu publiquement que « la voie à suivre est de ne pas payer la rançon », en citant explicitement la doctrine du FBI, selon laquelle payer ne garantit pas la récupération des données et contribue à alimenter l’écosystème criminel.

La posture est nette. Mais elle est aussi, comme le remarque le média britannique The Register, particulièrement confortable à tenir. Une grande partie des produits Grafana étant déjà open source, la valeur réelle du code dérobé n’est donc pas évidente.

Si la communication de Grafana Labs laisse entendre que l’attaquant a pu accéder à du code non librement accessible, l’entreprise précise qu’aucune donnée client n’a été compromise et qu’aucun impact sur les opérations n’a été constaté. Dans ce contexte, refuser de payer relève autant d’un principe que d’un calcul rationnel et la communication, très transparente sur LinkedIn, s’inscrit dans cette logique. Reste que la question soulevée implicitement par The Register est légitime : cette fermeté aurait-elle été aussi simple à adopter si les données exfiltrées avaient eu davantage de valeur ?

En contre-exemple, le média britannique évoque l’affaire Canvas, survenue quelques jours plus tôt.

Instructure, l’entreprise derrière cette plateforme de gestion de l’apprentissage utilisée par des centaines d’universités et de lycées américains (ndlr : sans lien avec l’outil de création graphique), avait alors conclu un accord avec le groupe cybercriminel ShinyHunters. Celui-ci revendiquait le vol de données de 275 millions d’étudiants et personnels enseignants, en échange d’une promesse de destruction. Un épisode qui avait marqué les analystes cyber et juridiques.

Peu de chances, donc, que Grafana Labs ait à se retrouver dans une situation comparable, et l’entreprise peut ainsi dérouler une communication inflexible. Elle affirme par ailleurs avoir invalidé les identifiants compromis et mis en place des mesures de sécurité supplémentaires pour renforcer la protection de son environnement contre les accès non autorisés.

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