Cette journée du 14 mai 2026 a été tendue à Jérusalem, avec les rassemblements annuels marquant la prise de la partie orientale de la ville par Israël. La « marche des drapeaux » a rassemblé beaucoup de monde cette année et a été l'occasion de scènes de violence. Les nationalistes anti-Palestiniens ont fait de cette occasion une démonstration de force.
Publié le : 14/05/2026 - 21:09Modifié le : 14/05/2026 - 22:01
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Avec notre correspondante à Jérusalem, Frédérique Misslin
Pas une échoppe des commerces palestiniens de la Vieille ville de Jérusalem n'était ouverte, ce jeudi 14 mai dans l'après-midi. Et pour cause : avec la « marche des drapeaux », il ne faisait pas bon se montrer ce jour. De très jeunes Israéliens ont déferlé dans les ruelles qui mènent jusqu'au mur des Lamentations. Pour les plus radicaux, il s'agissait de terroriser les habitants des quartiers palestiniens. Certaines ont donné des coups de poing sur les rideaux de fer des commerces fermés.
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« La marche des drapeaux » a, de nouveau, été l'occasion pour les ultranationalistes de célébrer ce qu'ils appellent la « réunification de Jérusalem », c'est-à-dire en réalité l'annexion en 1967 de la partie orientale de la ville, après la guerre israélo-arabe. Pour la communauté internationale, il s'agit bien d'une zone occupée. Parmi les manifestants, ce 14 mai, il y avait une surreprésentation de jeunes venus des colonies, au discours très radical.
« C'est notre pays, ils n'ont rien à faire ici », a clamé Noam, 14 ans seulement. Par « Ils », il désigne les Palestiniens de Jérusalem. Des militants pacifistes israéliens étaient présents, ce jeudi, à la porte de Damas pour les protéger. Il y a eu quelques échauffourées, des insultes, des crachats... Il faut dire qu'une centaine de très jeunes mineurs, visiblement désocialisés, ceux que l'on appelle ici les « jeunes des collines », des délinquants ultraviolents, ont passé la journée déambuler dans le quartier.
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Le cortège a démarré en centre-ville. Au départ, il y avait beaucoup de familles, des partisans du ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvir, mais aussi les représentants d'organisations qui soutiennent la violence des colons et qui ont récemment été sanctionnés par l'Union européenne. Le drapeau de Regavim, organisation qui promeut ouvertement la dépossession des Palestiniens de leurs terres, a flotté au-dessus de la foule. L'association Nachala, qui encourage la colonisation de la Cisjordanie occupée et plaide très ouvertement pour le retour de colons israéliens dans la bande de Gaza, avait elle un stand de vente de t-shirts et de drapeaux.
« J'aime cette ambiance, j'aime tous ces jeunes. Je prie pour eux, parce que dans quelques années, ils seront tous à l'armée. Il y a toujours quelques extrémistes, mais les Arabes ont fermé leurs magasins je pense. Ils savent que ce jour, ils ont intérêt à se calfeutrer chez eux », apprécie Anne, une manifestante.
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Justement, se calfeutrer, c'est ce qu'a fait Amjad Chihab, politologue et palestinien : « C'est une démonstration de force politique, et aussi une démonstration de force sécuritaire, parce qu'ils montrent qu'ils imposent leur souveraineté par la force. Comme vous l'avez vu aujourd'hui, ils transforment la ville en caserne militaire. Ils nous menacent avec des slogans ''mort aux Arabes''. Ils sont armés, mais nous non. On a peur pour notre avenir. »
Le déploiement policier était impressionnant ce jeudi à Jérusalem. Dans la Vieille ville, deux membres des forces de l'ordre ont été vus en train de danser avec les manifestants. Itamar Ben Gvir, leur ministre, s'est rendu sur le site hautement sensible de l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam, et pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Une visite qui est loin d'être la première mais qui menace, à chaque fois, le statu quo.
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