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Sacrée histoire autour de Saber Interactive : l'éditeur, responsable du jeu de simulation Rideshare "Stimulator" (rappelez-vous, c'était ce Crazy Taxi-like un peu fade présenté le 4 août dernier), a démenti diverses accusations selon lesquelles le studio aurait licencié une scénariste pour la remplacer par une IA en plein développement. Sauf qu'en parallèle, l'entreprise reconnaît un usage d'intelligence artificielle générative non divulgué sur la fiche Steam du jeu (c'est pourtant obligatoire depuis de nombreux mois maintenant).

L'histoire débute avec un message publié hier, 11 août, sur Bluesky : Stella Sacco, scénariste ayant travaillé chez Saber Interactive de juillet 2023 à juillet 2024 en tant que scénariste principale sur Stuntman : Hollywood et d'autres titres de Saber, a pris la plume en découvrant le trailer de Rideshare "Stimulator". Visiblement remontée, elle écrit donc "j'étais lead writer sur ce projet ! Et Saber m'a remplacée par ChatGPT à mi-chemin du développement. Toutes les voix des passagers étaient déjà de l'IA, aussi. Soit ils ont changé de direction à un moment précis, soit ils ne déclarent pas l'utilisation d'IA sur Steam".

I didn’t even see this had been announced. I was lead writer on this one! And Saber replaced me with ChatGPT midway through development. All the passenger voices were AI too. Either they changed direction at some point or they’re not disclosing it on Steam

Face à la polémique grandissante, un porte-parole de Saber Interactive a répondu à PC Gamer histoire d'enrayer le climat de défiance : "ni Saber ni Unigine (le studio russe responsable du développement du jeu, NDLR) n'ont remplacé de scénaristes par de l'IA pour Rideshare ou n'importe quel autre jeu. En réalité, l'équipe de scénaristes a même triplé depuis 2023 chez Saber. L'histoire de Rideshare a été écrite entièrement par des vraies personnes". Sauf que voilà : le communiqué reconnaît néanmoins l'existence de l'usage d'IA dans le jeu : "Rideshare comportera également un mode free-ride expérimental, qui, par nécessité, intègre de l'IA puisque le nombre de passagers sera infini. En bref, nous croyons fermement en l'utilisation d'outils IA pour améliorer les expériences de gameplay et le comportement des PNJ, comme nous le faisons depuis la fondation de Saber en 2001". Bon, en 2001, l'IA n'était même pas une question qui se posait. Et tout porte à croire que sans cette polémique, le jeu d'Unigine aurait été proposé sur Steam sans aucune mention de l'utilisation d'IA, se faisant dès lors passer par un titre entièrement confectionné à la main humaine.

My boss, to his credit, argued over and over with the c-level who pushed the AI — “we already have Stella and she’s funny and she’s good at this, she’s done live games before so live ops are no problem,” etc — but the suit insisted “gamers love new tech” so using AI would be “great marketing”

En réponse à ce communiqué, Stella Sacco a maintenu sa version initiale : "ils peuvent dire ce qu'ils veulent : j'y étais, j'en ai même parlé sur Facebook à l'époque, et je l'ai mentionné plusieurs fois sur Bluesky sans citer le nom du jeu. Ils m'ont retirée du projet pour utiliser ChatGPT afin d'écrire le reste du texte". Elle précise ensuite que son supérieur direct s'était effectivement opposé à son départ, la décision venant directement de la direction. C'est un de ces dirigeants qui a ensuite imposé sa position en affirmant que "les joueurs adorent les nouvelles technologies" et que l'usage de l'IA constituerait un excellent argument marketing. Nous y voilà donc. Vous le savez : il n'y a pas de bad buzz, juste du buzz. Quoi qu'il en soit, à l'heure actuelle, le jeu ne mentionne toujours pas l'emploi de l'IA générative sur sa page Steam, alors que c'est explicitement requis par Valve.

Rideshare "Stimulator" est prévu sur PC, Xbox Series X/S et PS5 en 2026.

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