Apple n'a pris aucun risque, sauf un

23 septembre 202623/09/2026 • 18:00

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Après mon test de l’iPhone 17 Pro, voici, un an plus tard, celui du 18 Pro. Et pourtant, j’ai passé l’année avec un Air au final, que je n’avais pas testé à l’époque. J’étais trop attiré par la nouveauté, mais les compromis de l’Air ont fini par me lasser. Il faut dire que je fais 1,7 charge par jour actuellement. En gros, je charge presque deux fois mon smartphone par jour, ce n’est plus tenable.

Bref, retour au Pro. Et le 18 Pro arrive avec 150 euros de hausse, sans iPhone 18 standard à côté de lui, et avec une nouveauté photo dont tout le monde a compris qu’elle était plus impressionnante à annoncer qu’à utiliser. Cela ne nous a pas empêchés de le tester à fond.

Petite mise au point avant de commencer : on n’est pas là pour faire du Apple bashing, mais on ne va pas non plus verser dans l’éloge aveugle à coups de superlatifs. Ce n’a jamais été notre genre. L’iPhone Pro excelle sur bien des points et bute encore sur d’autres, et on va vous expliquer lesquels.

Il faut poser un 17 Pro à côté pour trouver une différence, et encore. Le châssis unibody en aluminium, le plateau photo sur toute la largeur, les 8,75 mm d’épaisseur, tout est identique au dixième. Les coques de l’an dernier vont sur celui-ci. Alors, à quelques exceptions près, la très grande majorité des coques sont compatibles.

Ce qui change, c’est le dos : le verre est enfin de la même couleur que l’aluminium, et le bicolore du 17 Pro, qui faisait débat, disparaît. Le noir est noir. Le Glacier est un bleu ciel franc, l’Argent est enfin argent. Apple a écouté les critiques, et ça se voit.

Le poids est le point sur lequel je veux être précis, les deux smartphones ont pris de l’embonpoint. Le 18 Pro pèse 211 grammes, 7 de plus que le 17 Pro, et je ne l’ai pas senti. Le 18 Pro Max pèse 249 grammes, 18 de plus que son prédécesseur, et tous ceux qui l’ont eu en main cette semaine disent la même chose, c’est la limite.

Je n’ai pas testé le Max, mais j’ai un Air depuis un an et je sais ce que quelques grammes de plus font à une poche de veste. À 249, on entre dans le territoire du Duo, qui en fait 254 et qui, lui, se déplie.

La Dynamic Island a rétréci d’environ 25 %, parce que le récepteur infrarouge de Face ID est passé sous l’écran, dans une zone de pixels moins denses à gauche de l’heure. Face ID ne semble avoir rien perdu. L’îlot affiche désormais trois activités en direct au format compact, ou deux au format moyen, ce qui est utile une fois par semaine et agréable le reste du temps. Mais c’est juste 1 % d’écran en plus.

Un mot sur la couleur, parce que c’est le premier truc qu’on voit et le dernier dont les tests parlent. Apple a décidé que la star de l’année serait le Bordeaux, et toute la communication s’est alignée dessus, comme l’Orange cosmique l’an dernier.

Sauf que la vraie réussite de cette génération, c’est l’autre nouveauté : Glacier, le bleu. Un bleu clair, presque poudré à l’ombre, qui se réveille au soleil sans jamais virer au criard, et qui rappelle le Sierra Blue de l’iPhone 13 Pro que beaucoup n’ont jamais digéré de voir disparaître. Si j’en fais beaucoup, c’est que j’aime beaucoup.

Je trouve qu’il ne fait pas « nouvel iPhone » de manière ostentatoire, il fait juste joli. C’est mon choix, et à lire les retours depuis le lancement, je ne suis pas le seul. Vu la place que la couleur a prise dans le marketing d’Apple, on ne s’étonnera pas de voir le Glacier plus difficile à trouver que prévu.

Les couleurs très marquées ont toujours un revers : elles datent l’appareil dès que la génération suivante arrive. C’est à garder en tête.

Enfin, un point qui me laisse toujours aussi perplexe : le bouton Camera Control. Deux ans après son arrivée, j’ai remarqué que sa fonction capacitive était désormais désactivée par défaut. Ça en dit quand même long sur ce fameux bouton présenté comme une innovation. De mon côté, je n’ai toujours pas pris le réflexe de m’en servir. Il est là, mais je l’oublie. Une sorte d’appendice dont je ne sais pas bien quoi faire.

L’iPhone 18 Pro reprend l’écran du 17 Pro : 6,3 pouces, 2 622 x 1 206 pixels, 120 Hz adaptatif, Ceramic Shield 2 avec traitement antireflet. Apple n’annonce rien de neuf, et c’est précisément pour ça qu’il fallait le mesurer.

Notre sonde X-Rite i1 Display Pro et Calman relèvent un pic de 1 023 nits en SDR sur mire blanche, exactement les 1 000 nits promis pour l’usage courant, et 2 740 nits en HDR, là où Apple se contente d’annoncer 1 600. Le chiffre des 3 000 nits n’est pas mesurable en laboratoire, il ne se déclenche qu’en plein soleil avec le capteur de luminosité, mais à 2 740 sur une mire, on est déjà au niveau des meilleurs écrans Android, et une vidéo Dolby Vision ne réclame pas davantage.

Pour la fidélité, en SDR, sur mire ColorChecker, le ΔE 2000 moyen s’établit à 2,48, sous le seuil de 3 à partir duquel l’œil distingue un écart. En HDR, il tombe à 1,25, ce qui est excellent, et rare : la plupart des écrans de smartphone décrochent en HDR, l’iPhone fait l’inverse.

La seule réserve est donc le blanc, mesuré à 6 710 K, un peu au-dessus des 6 500 K de référence. C’est un blanc légèrement froid, un peu bleuté, qui se voit sur les gris plus que sur les couleurs, et que True Tone corrige au quotidien puisque nous l’avions désactivé pour la mesure. Ceux qui retouchent des photos activeront le mode Référence, mais il est fort probable que vous ne verrez jamais la différence.

Côté couverture, la dalle affiche 106,5 % du BT.709, 99,5 % du DCI-P3 et 72 % du BT.2020. Il signifie que l’écran est capable d’afficher presque tout ce que les contenus Ultra HD les plus larges contiennent, ce que très peu de dalles savent faire.

Précision utile pour comprendre pourquoi l’iPhone paraît parfois moins « pétant » qu’un Galaxy en mode Vif : iOS gère les couleurs strictement, un contenu sRGB reste dans le sRGB, et cette réserve de gamut n’est sollicitée que par les contenus qui la déclarent. L’iPhone n’offre pas de possibilité de changer de mode d’affichage, contrairement à Android. Bref, Apple a le plus large écran du marché et refuse de s’en servir pour flatter l’œil. C’est un choix, et c’est certainement le bon.

Enfin, on aurait aimé voir Apple adopter l’écran de confidentialité qu’on a chez Samsung sur le Galaxy S26 Ultra et que Xiaomi va introduire sur sa gamme Xiaomi 18 Pro. Pour le coup, je trouve que c’est vraiment une des fonctions qui aurait beaucoup d’intérêt dans la stratégie vie privée d’Apple. On la verra peut-être arriver sur une prochaine génération d’iPhone, même si, pour le moment, aucune fuite n’évoque ce sujet.

L’A20 Pro est la première puce d’iPhone gravée en 2 nm, avec six cœurs CPU, un GPU passé de six à sept cœurs, deux Neural Engine de 16 cœurs, 50 % de bande passante mémoire en plus et toujours 12 Go de RAM.

La puce A20 Pro est la puce mobile la plus puissante que l’on ait testée à ce jour.

Ce sont des chiffres qu’on ne ressent pas en ouvrant Safari, tout iPhone récent est instantané, mais qu’on ressent en exportant une vidéo, en jouant vingt minutes, ou en faisant tourner un modèle de langage en local, où le gain approche 60 % de tokens par seconde. Le 18 Pro est, à ce jour, le meilleur smartphone pour l’IA embarquée, ce qui a une saveur particulière quand Siri AI n’est pas disponible en France.

Le vrai sujet, c’est la chaleur, et là Apple a fini le travail commencé l’an dernier. La chambre à vapeur triple de surface et court jusqu’au bloc photo, la puce est remontée en haut de la carte mère et collée à la chambre, la mémoire, jusqu’ici empilée dessus, est déportée à côté, et une plaque de cuivre nanomaclé isole l’écran. En benchmark prolongé, le 18 Pro chauffe autant qu’un 17 Pro, la chaleur se concentre sous le bloc photo au lieu de monter dans l’écran, et il tient plus longtemps avant de se brider. Au quotidien, photo intensive, navigation, vidéo, il chauffe moins et refroidit plus vite. Et surtout, il ne devient plus brûlant en charge, ce qui, on va le voir, change tout. Il y a trois ans, la chauffe était le premier défaut de l’iPhone. Ce n’en est plus un.

Apple a doublé le Neural Engine de l’A20 Pro, passé de 16 à 32 cœurs, et parle d’une puissance d’IA multipliée par deux. C’est le genre de promesse qu’on peut vérifier, à condition de ne pas s’arrêter au score d’un benchmark. Nous avons donc testé à trois niveaux : un modèle de langage tiers dans une application que n’importe qui peut installer, le même modèle dans le moteur de Google pour comparer avec Android à armes égales, et les fonctions natives d’Apple Intelligence que les gens utilisent vraiment.

Trois niveaux, trois réponses différentes. J’avais l’iPhone Air sous la main, il me servira donc de référence : son A19 Pro partage CPU et Neural Engine avec l’iPhone 17 Pro, il joue donc le rôle de la génération précédente.

Alors, avant qu’on me saute dessus, je sais que son châssis n’est pas celui d’un Pro, sans chambre à vapeur et dans une épaisseur qui ne pardonne rien à la chauffe. C’est pourquoi tous les tests de cette section sont des rafales courtes, lancées à froid, et que l’Air a été laissé au repos entre chaque run : ce que nous mesurons ici, c’est la puce elle-même, plutôt que la capacité du smartphone à la refroidir. La tenue dans la durée fait l’objet de la section performances précédente, où l’Air joue au contraire le rôle du pire cas thermique, et c’est là qu’il faut aller pour savoir ce que change la chambre à vapeur.

Premier niveau, PocketPal, une application llama.cpp, avec Qwen3 4B quantifié en Q4_K_M et un prompt de plus de 2 000 tokens.

L’iPhone 18 Pro lit le prompt en 4,4 secondes et génère à 32,4 tokens par seconde, l’Air met 7,1 secondes à lire et génère à 16,6 tokens par seconde. La lecture est 1,6 fois plus rapide, l’écriture deux fois. Le ratio est instructif, parce qu’il est inversé par rapport au discours d’Apple : la génération d’un token consiste à relire les 2,5 Go de poids du modèle en mémoire, et c’est la bande passante qui la limite.

Les 50 % de bande passante supplémentaire de la nouvelle architecture mémoire se voient ici plus qu’ailleurs. D’ailleurs, llama.cpp tourne sur le GPU Metal et n’utilise pas le Neural Engine. Ce test laisse donc de côté les 32 cœurs et mesure ce que reçoit un développeur qui n’a rien fait de spécial pour l’iPhone, et c’est déjà beaucoup.

Face à Android, la comparaison devient une histoire d’écosystème avant d’être une histoire de silicium. Dans la même application PocketPal, le Xiaomi 17 Ultra et son Snapdragon 8 Elite Gen 5 plafonnent à 15 tokens par seconde, le Pixel 11 Pro Fold à 2,5 : sur Android, l’app tourne sur CPU, et activer le NPU Hexagon du Xiaomi divise la vitesse par trois faute de format compatible. Pour une mesure honnête, nous sommes passés par Google AI Edge Gallery, l’app de Google, avec le modèle de Google, Gemma 4 E4B, sur GPU partout : le 18 Pro décode entre 25 et 34 tokens par seconde selon les runs, l’Air et le Xiaomi tournent à 19, le Pixel à 7,5. Le Tensor G6 est excellent avec Gemini Nano dans les applications Google, et moyen dès qu’on sort de l’écosystème Google, l’Air et le Xiaomi font jeu égal, le 18 Pro est seul devant.

Et sur iPhone, une application tierce obtient l’accélération matérielle sans rien configurer. Sur Android, le même modèle peut aller six fois plus ou moins vite selon l’application, le réglage (CPU, GPU, etc.) et le smartphone.

Troisième niveau, les fonctions natives, et là le discours se retourne. Nous avons pris la même photo, prise avec l’Air, et lui avons fait subir les mêmes retouches sur les deux iPhone : effacer un panneau immobilier sur un balcon avec Nettoyer, enlever la plaque d’égout, redresser la perspective avec la nouvelle Réorientation, agrandir le cadre.

Le résultat est identique au pixel près, ce qui est logique puisque c’est le même modèle Apple Intelligence des deux côtés, et le 18 Pro va un peu plus vite, de l’ordre de quelques secondes sur une réorientation, rien qu’on remarque sans chronomètre.

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