Visite du Temple du Ciel, tapis rouge monumental sur la place Tiananmen, salves de canon et déclarations chaleureuses devant les caméras : Pékin a déroulé un accueil particulièrement spectaculaire pour la venue de Donald Trump. Une première journée de sommet marquée par des messages très différents selon les deux capitales.

Publié le : 14/05/2026 - 14:11Modifié le : 14/05/2026 - 14:54

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Derrière une mise en scène très maîtrisée, les deux camps ont surtout mis en avant… des priorités complètement différentes durant ce sommet Chine-États-Unis, écrit notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst.

La Maison Blanche a insisté sur les discussions économiques : investissements chinois aux États-Unis, achats potentiels de pétrole américain, produits agricoles, coopération contre le trafic de fentanyl, mais aussi accès accru de certaines entreprises chinoises aux puces d’intelligence artificielle américaines, notamment la H200 de Nvidia, l’une des plus puissantes du marché.

Washington a aussi largement communiqué sur l’Iran et le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une grande partie du pétrole mondial. Selon Donald Trump, Xi Jinping se serait engagé à aider Washington sur la crise iranienne « pour tout ce dont Trump a besoin ». Le président américain affirme également que Pékin pourrait acheter davantage de pétrole, de gaz naturel liquéfié et de soja américains, ainsi qu’environ 200 avions Boeing 737 Max au lieu des 500 annoncés.

Mais, du côté chinois, le ton est tout autre. Pékin présente ce sommet avant tout comme un échange stratégique entre grandes puissances. Lors d’un banquet officiel, Xi Jinping a même affirmé que le « renouveau national chinois » pouvait avancer « main dans la main » avec le slogan trumpiste « Make America Great Again ».

Ces propos sont conformes à la doctrine officielle de la Chine, qui n'affirme jamais publiquement être une rivale ou une concurrente des États-Unis, mais plaide pour une relation de « partenariat gagnant-gagnant » avec Washington.

Le grand renouveau de la nation chinoise est un concept central de la rhétorique de Xi Jinping. Il s'agit de l'idée que la Chine, après plus d'un siècle de faiblesse, de guerres et d'humiliations, doit retrouver sa place légitime de grande puissance prospère, influente et respectée dans le monde.

Dans le même temps, le président chinois a adressé une mise en garde très directe sur Taïwan. Selon les médias d’État, Xi Jinping a averti Donald Trump qu’un mauvais traitement du dossier taïwanais pourrait mener à une « collision », voire à un « conflit » entre les deux puissances. Car « la question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines », a martelé Xi Jinping face à Donald Trump.

Le contraste est frappant : la question taïwanaise n’apparaît même pas dans le communiqué américain. Et Donald Trump est resté silencieux face aux questions des journalistes sur Taïwan, avant d’inviter Xi Jinping à la Maison Blanche le 24 septembre 2026. Donald Trump s'exprimera davantage sur Taïwan « dans les prochains jours », a finalement déclaré le ministre américain des Finances, Scott Bessent, au média CNBC.

Le président américain veut donc croire que sa relation personnelle avec Xi Jinping porte la promesse de contrats pour les patrons américains qui l'accompagnent, et de décrispation entre les deux premières puissances économiques mondiales et rivales géostratégiques.

Mais les temps semblent avoir changé depuis la visite de M. Trump en 2017. Il a désormais affaire à une Chine généralement considérée comme plus sûre de ses forces, du fait de son ascension économique, technologique et militaire. D'ailleurs, en dehors de la sévère mise en garde sur Taïwan, Pékin n'a montré aucun signe visible d'être prête à aider M. Trump à résoudre la crise dans le Golfe.

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