Depuis l’alerte sanitaire liée au navire de croisière MV Hondius au début du mois de mai, des publications relayées sur Facebook affirment que le même virus circulerait déjà en France, notamment dans le nord-est du pays et dans le Jura, laissant craindre le début d’une épidémie sur le territoire.
Si des cas d’hantavirus ont bien été recensés dans ces régions, cette interprétation mérite toutefois d’être fortement nuancée.
Le recensement de cas d’hantavirus en France n’a rien de nouveau. Dès 2021, l’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté avait alerté sur la présence de ce virus transmis par les rongeurs après l’identification de 16 cas dans le Doubs et le Jura. Dans sa note d’information, l’agence précisait que trois espèces d’hantavirus circulent en France métropolitaine : Puumala, Séoul et Tula.
Le terme "hantavirus" ne désigne donc pas un virus unique, mais une famille de plus de 38 souches connues, chacune associée à un rongeur hôte spécifique et présentant des effets très variables chez l’être humain.
Or, la souche qui fait l’actualité ces dernières semaines est d’une nature bien différente. À bord du MV Hondius, les autorités ont identifié le virus Andes, une souche originaire d’Amérique du Sud. Contrairement au virus Puumala, présent en France et responsable d’infections généralement bénignes avec un taux de mortalité inférieur à 1 %, le virus Andes peut provoquer un syndrome cardiopulmonaire sévère, dont la létalité est nettement plus élevée.
C’est sur la question de la transmission que la confusion est la plus problématique. Le virus Puumala, principal hantavirus présent dans le Jura, ne se transmet pas d’une personne à l’autre. L’infection survient uniquement après l’inhalation de poussières contaminées par l’urine, la salive ou les excréments de rongeurs infectés.
Le virus Andes constitue une exception. Selon l’Institut Pasteur, "la transmission interhumaine [en dehors de la transmission au cours de transfusion sanguine] n’a été décrite que pour (…) l’hantavirus sud-américain Andes". L’institut précise que le virus a été transmis "de patients à des proches, mais également à du personnel soignant ou à des visiteurs de patients hospitalisés".
Documentée pour la première fois en 1996 en Argentine, cette transmission reste rare et nécessite généralement des contacts étroits et prolongés avec une personne infectée. C’est cette particularité, absente des souches européennes comme Puumala, qui a conduit l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à émettre une alerte après les cas détectés à bord du MV Hondius.
En France, les cinq passagers français du MV Hondius ont été hospitalisés par précaution au début de la semaine. Testés tous les deux jours, ils se sont jusqu’à présent tous révélés négatifs à l’hantavirus. Les 26 cas contacts français, placés sous surveillance pendant 42 jours, ne présentent à ce stade aucun symptôme inquiétant.
À l’échelle mondiale, huit cas confirmés ont été recensés à ce jour, et toutes les personnes contaminées se trouvaient à bord du navire. Aucun élément ne laisse donc penser, pour l’instant, que le virus se soit propagé au-delà du MV Hondius.
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