Le 79ème festival de cinéma a ouvert son guichet. Cette quinzaine est l’occasion pour les cinémas du monde entier de se faire connaître et c’est particulièrement le cas, ces dernières années, du cinéma palestinien. «Palestine 36», «No Other land», «Once upon a time in Gaza», «Ce qu’il reste de nous» pour n’en citer que quelques-uns… Les films et documentaires à succès impliquant des producteurs, des réalisateurs ou des acteurs palestiniens se multiplient. Alors, pourquoi un tel succès ?

Publié le : 16/05/2026 - 12:29Modifié le : 16/05/2026 - 12:33

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avec notre correspondante à Ramallah, Amira Souilem

Tout juste débarquée d’Amman, Salma Abu Ayyash représente la Palestine au festival de Cannes. Co-directrice du Palestine Film Institute, elle parle d’un « renouveau » du cinéma palestinien.

« Edward Saïd (intellectuel, essayiste et musicologue palestino-américain décédé en 2003, NDLR) disait que les Palestiniens ont longtemps été empêchés de se raconter. Le cinéma est ce lieu où ce droit peut être obtenu. Nos vies et la violence que l’on subit sont retransmises de façon continue sur les réseaux sociaux et parfois presque en temps réel. Les réalisateurs se retrouvent donc obligés de réfléchir à des façons plus profondes de raconter nos histoires. C’est ce qui crée à la fois l’urgence de filmer et une rupture créative. Donc oui, nous vivons un momentum. »

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À Cannes, la Palestine a son pavillon. Une fierté mais aussi un crève-cœur pour certains. C’est le cas de Mohammed Alshareef, réalisateur palestinien qui vit à Gaza. Son dernier film Super Sila raconte le monde imaginaire qu’il a inventé pour éloigner sa petite fille de 4 ans des horreurs de la guerre. Il est présenté au marché du film du festival. Mais sans lui qui n’a pas obtenu l’autorisation de sortir de Gaza. « J’ai bien reçu une invitation du Festival de Cannes. J’ai aussi été accepté au programme “Pause” du Collège de France. Mais malgré toutes ces invitations, je n’ai aucune possibilité de voyager ou de sortir. »

Mohammed Alshareef dit avoir essuyé, à plusieurs reprises, des tirs de l’armée israélienne en plein tournage. Il vient de lancer un appel à être évacué avec sa famille.

C’est l’une des particularités du cinéma palestinien. Ceux qui le font vivre expérimentent les mêmes tourments que… ceux qu’ils filment.

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