Fin mars à Lomé, les éditions Graines de pensées ont fait la promotion d’Olympio, roman de l’homme de lettres Kangni Alem consacré au premier président de l’histoire du Togo, assassiné en 1963. « C'est un grand personnage. Et puis quand j'ai commencé à grandir et à m'intéresser au sujet, j'ai trouvé que la vision qu'on en donnait était une vision assez intéressante, mais assez réductrice », explique l’auteur.

Publié le : 14/05/2026 - 13:23Modifié le : 14/05/2026 - 13:25

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Avec notre correspondant à Lomé, Peter Sassou Dogbé

Une page de l'histoire togolaise enfin racontée sous forme de roman. Le 27 avril 1960, Sylvanus Olympio proclame l’indépendance du Togo. Après trois ans de présidence, il est ensuite assassiné dans un coup d’État perpétré par d’anciens combattants revenus des guerres coloniales françaises. Depuis le nom d'Olympio est demeuré un mythe politique.

Pour la prière fois, Kangni Alem, professeur de lettres à l’université, présente de nouvelles facettes de la personnalité à travers Olympio.

C’est un roman qui met en situation, Dinah, l’épouse du personnage, Mitou, son neveu, témoin de l’époque de l’assassinat de Sylvanus Olympio. Ils racontent à l’auteur leur histoire, pour en faire un récit romancé.

Guy Missodey, professeur des universités, qui a lu le livre, souligne : « D’abord, il y a une personnalité, Sylvanus, personnage principal de ces 400 pages qui, à leur façon, réécrivent une large partie de l’histoire romancée du Togo. »

Le récit est fait d’histoires vécues mélangées à de la fiction. Récit qui tient son lecteur en haleine. On y découvre Olympio, sa rencontre avec sa femme, ses relations avec les autorités de tutelles françaises qui sont faites de haut et de bas, les différends entre le personnage et les soldats démobilisés de l’armée coloniale, la vie du couple Sylvanus et Dinah entre autres. L’auteur conduit son lecteur à la découverte de l’autre Olympio, peu connu.

Le professeur Togoata Apédo-Amah explique : « Quand on rencontre les hommes politiques qui ont fait l’histoire, qui passent de l’histoire à la fiction romanesque, on est toujours curieux de ce qu’on va découvrir, parce que l’homme politique tel qu’on le connaît dans les journaux, les média, les livres d’histoire, etc, eh bien, c’est une autre chose. Donc, il a pu pénétrer dans l’intimité de cet homme-là et c’est ce qui est intéressant. »

C’est la première fois qu’Olympio est explicitement évoqué dans un roman. L’originalité du récit révèle donc d’autres facettes d’Olympio, souvent réduit à sa dimension politique. L’auteur, Kangni Alem, le dit. « C'est un grand personnage. Et puis, quand j'ai commencé à grandir et à m'intéresser au sujet, j'ai trouvé que la vision qu'on en donnait était une vision assez intéressante, mais assez réductrice, glisse Kangni Alem. Je me suis dit un jour que si je devais parler de Sylvanus Olympio, il faudrait que je l'amène carrément dans la fiction ».

Il poursuit : « Ce que le roman apporte, c'est faire du mythe un élément qui enrichit d'autres domaines comme les arts. Et Olympio, en littérature, c'est fait, je vais dire, et j'en suis très heureux. Olympio au cinéma, ce n'est pas encore fait et je rêve que quelqu'un le fasse. Olympio dans la musique togolaise – comme la rumba congolaise a popularisé Lumumba – en bien la musique africaine ne l'a pas suffisamment fait. »

Et de conclure : « Au-delà de la littérature, ce sont tous les arts, tous les domaines artistiques qui doivent s'approprier le mythe pour en faire un élément qui dure encore très longtemps dans l'histoire. »

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