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Né le 13 octobre 2008 en Amérique du Nord, Dead Space aurait pu être le nouveau messie du survival horror dans une dimension plus clémente. Mais les coûts de production élevés et les désidératas d'Electronic Arts ont fini par couper les ailes de la franchise.
Dans le film Event Horizon, un vaisseau spatial disparu depuis sept ans réapparaît mystérieusement, et une petite troupe d'astronaute part explorer ses entrailles avant de retrouver les leurs, d'entrailles, à l'air libre après une série de mésaventures. Si Isaac Clarke avait vu Even Horizon, il aurait peut-être réfléchi à deux fois avant d'entrer dans l'USS Ishimura et Dead Space se serait arrêté très vite. Dans ce survival horror nouvelle génération (pour 2008), la grande nouveauté était l'immersivité totale de l'aventure, où Isaac était un ingénieur quelconque doté d'une tenue avancée où sa santé était affichée à l'aide d'une jauge intégrée, où son cutter laser professionnel servait à découper les membres des monstres - les nécromorphes - afin de les estropier de manière crédible, et où chaque cadavre pouvait soudainement se relever et se transformer de manière spectaculaire. C'était l'effet "waouh" à tous les étages.
Difficile d'éviter Dead Space à l'époque. Ses abominables nécromorphes étaient omniprésents dans la publicité et la communication, jusqu'à ramper sur les bannières publicitaires de Jeuxvideo.com ou d'autres sites majeurs - de quoi foutre les pétoches aux gamins innocents qui traînaient par là. Ces affreuses créatures dégingandées à la gueule fendue et à la peau blanc cassé étaient facilement reconnaissables. Idem pour Isaac Clarke, resté iconique avec son casque strié de trois bandes bleues. Dire qu'il était même arrivé en DLC dans PlayStation All-Stars Battle Royale.
Electronic Arts aurait sûrement aimé tenir là son Resident Evil 4, et le succès critique était au rendez-vous jusqu'à recevoir les congratulations de John Carpenter (The Thing) en personne, mais les ventes n'ont pas assez bien suivi. Résultat, Dead Space 2 et surtout Dead Space 3 ont pris un virage de plus en plus marqué vers l'action puis la coopération, un peu à l'image de Resident Evil 5. Un changement de direction qui n'a fait que brouiller l'image de marque. D'un côté, les amateurs de claustrophobie numérique n'avaient pas envie de canarder des aliens à tout-va ; d'un autre côté, les fans de jeu d'action pouvaient plutôt se tourner vers Left 4 Dead, expérience coop' plus réussie. C'est un bilan très schématique, mais rétrospectivement, les faits sont là : Dead Space n'a pas trouvé un public suffisant pour justifier sa propre survie.
Histoire tristement répétée par le remake de Dead Space en 2023. Somptueusement réalisée par Motive, des effets avancés de démembrement aux animations de pointe en passant par un sound design au rasoir, la nouvelle version des aventures d'Isaac Clarke avait de nombreux arguments pour racoler le chaland. Et si nous pourrions ergoter plusieurs jours sur l'intérêt d'un tel remake ou sur les changements introduits, il faut concéder que relier fluidement chaque niveau du jeu en retirant les écrans de chargement accentuait l'immersivité à bord de l'USS Ishimura. Mais ce véritable blockbuster du survival horror n'a pas atteint ses objectifs commerciaux. Electronic Arts a débranché le remake de Dead Space 2, et, jusqu'à nouvel ordre, la franchise repart en sommeil. Dommage.
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